À PROPOS

HISTORIQUE :

Il est bien difficile de dire depuis quand on célèbre la mi-été de Taveyanne, tant cette fête remonte loin dans le temps. Le premier week-end d’août, soit au milieu de l’été, les propriétaires de bétail et leur famille montaient à l’alpage de Taveyanne pour y exécuter la pesée, « la mesure ». Il s’agissait simplement de contrôler le rendement laitier des vaches. De la sorte, au moment de la « désalpe », on serait mieux à même de répartir le dû de chacun ; de faire un partage équitable du fromage, du beurre, du séré. On profitait de cette montée pour organiser une petite fête à l’intention des bergers et les ravitailler en pain frais, gâtelets, bricelets. A cela, on ajoutait quelques bouteilles et un peu d’épicerie, laquelle se résumait en sel, sucre, café et maïs. La liste n’était pas longue mais suffisante pour les simples repas de ces berges qui vivaient surtout de laitage, lait, beurre. Au début du XIXe siècle, avec l’arrivée à Gryon des premiers estivants, les choses commencèrent à se modifier. Pas question de monter à Taveyanne sans inviter Monsieur, Madame et les enfants installés en appartement ou dans leur chalet nouvellement construit. Telles sont, en montagne, les lois de l’hospitalité.

 

Dans l’histoire de la mi-été, une date est particulièrement importante : celle du premier août 1869. Ce jour-là, pour la première fois, l’assemblée chante les vingt-quatre versets de la TAVEYANNE, écrite sur l’air de « Cent fois dans la forêt j’ai chassé sans rien prendre ». Son auteur, un estivant de Sergnemin, enthousiasmé par cette fête, Juste Olivier, le célèbre poète et écrivain ! Son Adieu à Taveyanne ne sera chanté qu’en 1873. Dès lors, pour les Gryonnais et leurs hôtes, la mi-été devient presque sacrée. Par le beau, par la pluie – peu importe – on chante, on danse.

 

On ignore jusqu’à quand on a dansé sur le gazon de la rive droite du Bidemille, avant qu’on investisse l’écurie du restaurant de l’alpage, puisque la jeunesse de Gryon dresse un pont à cet effet. C’est là qu’au son d’un orchestre champêtre, jeunes et moins jeunes, montés le samedi après-midi déjà, dansent jusqu’au petit matin.

 

Le dimanche, paysans, citadins, jeunes et vieux, assis à même le sol ou sur une couverture, attendent l’arrivée du pasteur. Car la fête ne saurait avoir lieu sans le culte en plein air célébré, si le temps le permet, par-delà la limite des chalets. La fanfare, qui participa pour la première fois au culte en 1916, est également présente. Dans le silence de la montagne où seules les cloches des vaches tintent dans le lointain, la voix du pasteur, par l’écho répété, s’envole et disparaît sur les hauteurs tranquilles. Je ne peux m’empêcher de regarder ces enfants impatients qui attendent l’AMEN final pour manger, sur le gazon fleuri, leur frugal repas et aller ensuite à la fête. Les jeunes luttent contre le sommeil et sont heureux de ne pas avoir succombé à la tentation de dormir après avoir dansé toute la nuit. Dure épreuve.

 

Après le dîner, c’est la fête proprement dite. Tous se rassemblent devant le chalet dit de Juste Olivier. La fanfare s’époumone. Le chœur d’hommes chante, puis tous ensemble, on chante de tout son cœur la fameuse TAVEYANNE, accompagnée par la fanfare. Puis, après avoir entomné plusieurs farandoles, pasteur en tête, on attaque le grand picoulet sur le pâturage en dessous des chalets. Après quoi, plusieurs songent déjà au retour. D’autres se dirigent vers le restaurant. D’autres encore, sur le pont de danse, exécutent la Montferrine, sorte de quadrille. Sur les hauteurs, le joueur de cor fait entendre ses mélodies nostalgiques qui, d’échos en échos, s’égrainent dans l’atmosphère du soir. Magnifique tradition dans sa simplicité perdue, où l’hospitalité est respectée. Si les baquets de crème ne sont plus de la partie – autres temps, autres mœurs – si donc on ne peut plus « s’encrémer », on peut encore remplir ses poumons du bon air de la montagne, partager la joie de tous, changer, danser, en parfaite harmonie entre citadins et montagnards. C’est ce qu’a amplement prouvé, le 3 août 1969, la célébration du centenaire de la Taveyanne qui fut un triomphe, un triomphe qui dure encore. La fête s’achève. Les dernières voitures disparaissent derrière le Crètex. Dans la pénombre du soir, qui tend son voile sur le pâturage, seul le bruit des sonnailles éveille les échos de la montagne. C’est la mi-été.

LA JEUNESSE

DE GRYON

Présidée aujourd'hui par Théo Amiguet, la société de Jeunesse est chargée depuis bien longtemps d'organiser cette manifestation dont le programme se résume ICI.

La Mi-été a lieu traditionnellement le premier dimanche du mois d'août. La traditionnelle Mi-été de Taveyanne est une ancienne fête pastorale qui réunissait les villageois et les jeunes vachers au milieu de la saison d'estivage. Elle a connu un essor particuliers à la fin du 19ème siècle et doit sa renommée actuelle au Poète Juste Olivier qui a écrit une chanson bien connue sur cette fête en 1869.

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